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EVÉNEMENT : 40 ANS APRÈS SA PREMIÈRE ÉDITION
Deuxième Festival Culturel Panafricain d'Alger en juillet 2009

La ministre de la Culture, Mme Khalida Toumi a procédé samedi 2 août 2008 , à Alger, à l'installation du comité exécutif du 2e festival culturel panafricain que l'Algérie abritera en juillet 2009, indique un communiqué du ministère. Présidé par Mme Toumi, ce comité est composé de 14 départements chargés de missions déterminées : direction des moyens, programmation, aménagement des structures culturelles, livre, cinéma, théâtre, danse chorégraphique, musique, expositions artistiques et du patrimoniales, arts visuels, mode, rencontres, festivals, sécurité et protocole.
La ministre a invité les responsables de ces départements à «présenter, avant la fin août, des propositions concernant l'organisation et le programme de la manifestation conformément aux orientations du comité national récemment installé par le chef du gouvernement».

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Festival culturel panafricain
Quarante ans après…


Par : Yacine Idjer


Quarante années séparent la 1re édition du Panaf de la seconde qui aura lieu au mois de juillet.

Il y a quarante ans, l’Algérie célébrait l’Afrique, ses arts et ses traditions, son chant et sa voix, ses couleurs et ses sonorités. Elle exaltait sa culture, sa mémoire, son présent, lors de la tenue, en 1969, du Festival panafricain.
Alger était l’hôte des musiciens de jazz, des dramaturges, des acteurs et actrices, des poètes, des universitaires, des écrivains et des militants politiques.
C’était, pour les nostalgiques de cette époque, un moment épique, historique, un moment fort de l’Algérie contemporaine tant en sensations qu’en euphorie. Car c’était pour la première fois que l’Afrique s’exprimait avec autant d’allégresse que de conviction.
Cette année, l’aventure sera renouvelée. La deuxième édition aura lieu au mois de juillet. Six mois nous séparent de l’événement.
La question qui, aujourd’hui, se trouve sur les lèvres de chacun, notamment ceux qui ont vécu cette manifestation chargée de souvenirs – et d’espoir pour une Afrique libre, unie et soucieuse de son avenir – est : le deuxième Panaf, tel qu’il était désigné, à l’époque, par les Algériens, aura-t-il la même portée historique, le même impact médiatique et la même aura politique qu’il y a quarante ans ? Autrement dit, la deuxième édition du Panaf aura-t-elle le même succès que celle de 1969 ? Une chose est sûre, les temps ont changé. La réalité sociale et politique n’est plus la même. Les discours enflammés et révolutionnaires revendicatifs tels des étendards levés, eux aussi, n’ont plus lieu d’être.
Ainsi, le contexte social et politique a changé, contexte dans lequel était enraciné le Festival culturel panafricain et qui conférait à celui-ci toute sa symbolique, sa signification culturelle et sa charge politique.
Si en effet en 1969 le Panaf revêtait un caractère politique, c’est parce qu’il était alimenté par des discours révolutionnaires. Alger devenait, le temps d’un festival, le carrefour incontournable des révolutionnaires, une tribune pour les revendications légitimes des peuples opprimés. Et l’Algérie, militante invétérée des libertés du continent noir et des droits de ses peuples, et d’autant plus qu’elle célébrait le septième anniversaire de son indépendance, réitérait aussi bien indiscutablement qu’inconditionnellement son engagement en faveur des mouvements de libérations et de toutes formes de lutte tant contre les dominations coloniales que contre les discriminations raciales. Le Panaf était l’incarnation des élans révolutionnaires et de la liesse populaire. Il illustrait manifestement cette réalité.
Car le continent noir endurait encore le colonialisme à l’exemple du Congo et subissait la ségrégation raciale en Afrique du Sud avec l’apartheid.
Et le Panaf était une occasion pour dénoncer l’impérialisme aussi bien colonial qu’occidental et revendiquait aussi bien les indépendances des pays encore sous le joug du colonialisme que les droits civiques des pays victimes du racisme, combat auquel elle adhérait avec une conviction foncière. C’était un moment où s’était forgée une conscience politique nouvelle. Et la culture en était le véhicule, l’outil de promotion. Elle devenait un instrument de mobilisation pour tout peuple opprimé. Même les Afro-Américains étaient, dit-on, concernés par le Panaf auquel ils s’identifiaient. Puisqu’ils partageaient la même réalité sociale que leurs frères de l’Afrique du Sud, à savoir la discrimination raciale.

l Quarante plus tard, que peut-on dire du Panaf 2009, sachant que l’Afrique est en mal d’être, en proie tant au malaise social qu’à l’instabilité politique, comme elle est en proie aux conflits armés, à la famine et aux épidémies, et à toutes sortes de calamités naturelles et de bêtises humaines. Le Panaf de 1969 tient sa réussite, notons-le, des illusions que les peuples africains dont le peuple algérien, à l’époque, se nourrissaient. Ils croyaient dur comme fer à l’unité continentale et au militantisme révolutionnaire. Mais plus tard, place aux désillusions. Aujourd’hui, la réalité est encore plus dure, et les peuples africains, désabusés, rattrapés par leur propre réalité politique, économique et sociale, n’ont plus foi en de telles exaltations.
Certainement, le Festival culturel panafricain de 2009 ne sera pas comme celui de 1969, ce serait un leurre de croire le contraire. Car le Panaf intervient, pour rappel, dans un contexte national et mondial différent de celui de 1969 où il était question de la logique des mouvements de libération de l’Afrique. La deuxième édition réfère à un moment de mondialisation dans lequel l’Afrique s’efforce de trouver une place en tant qu’acteur à part entière. Et seul l’avenir nous dira de quoi il sera et quelle représentation aura-t-il.

Appel à la renaissance culturelle

Le Festival culturel panafricain se révèle également un lieu de l’expression de la culture africaine dans sa richesse et sa diversité.

Il constitue un espace de rencontres d’artistes et de gens de culture de tous les domaines et venus de tout bord. Un espace d’échanges et de confrontations d’idées et de perceptions. Le Panaf se veut aussi un acte de renaissance, renaissance devant se passer, outre par une prise de conscience politique, par la culture.
Si la deuxième édition du Festival culturel panafricain ne sera certainement pas identique à celle de 1969, elle sera néanmoins une occasion pour l’Afrique de se prendre elle-même en charge, en envisageant d’impulser concrètement son développement culturel dans une dynamique d’échanges fructueux avec les différents pays qui la composent.
Le continent noir pourra alors relancer la culture africaine, donc l’identité africaine, à l’ère de la mondialisation, sur de nouvelles bases et selon des moyens adaptés à sa réalité nouvelle.
En effet, le développement et l’émancipation de l’Afrique doit passer par le développement culturel. Pas de doute pour cela. Pour ce faire, il est essentiel de multiplier les rencontres, donc les échanges de manière, d’une part, à assurer une dynamique qui, elle, assure une émancipation effective des sociétés, et, d’autre part, à s’inscrire dans une mondialisation bénéfique à tous. Le tout doit être mené dans une logique visant à garantir la renaissance africaine qui, elle, soulignons-le, passe par la renaissance culturelle. Et de ce fait, s’affranchir de la vision culturelle que porte l'Occident sur l’Afrique, vision se limitant à la musique et la danse, donc à des représentations folkloriques, voire à des clichés.
Il est à noter que l’Afrique s’est dotée, en 1972, à l’issue de la conférence organisée par l’Organisation de l’unité africaine actuelle Union africaine à l’Ile Maurice, d’une charte culturelle commune à tous les pays africains, dont l'objectif consiste, a priori, et notamment dans le cadre de la coopération, à fixer des objectifs visant à réaliser des actions culturelles, ouvrant alors la voie à d’important financement en faveur d’infrastructures culturelles. Au final, quels que soient le contexte social ou politique dans lequel est ancrée la deuxième édition du Festival culturel panafricain, celle-ci se doit être un moment devant marquer, d’une manière durable, un renouveau de la création culturelle en Afrique.
Et pour réussir cette relance, il est fondamental de renforcer, en adoptant une stratégie partagée et efficiente, la collaboration avec les membres de l’Union africaine.
Le programme de cette manifestation d’envergure continentale comprend, notons-le, les différentes expressions littéraires et artistiques. Comme il comprend des rencontres axées autour des réalités s culturelles du continent et sur les enjeux liés à la survie de la culture et de l'identité africaines. Il comportera également des animations de troupes folkloriques, un panorama du cinéma africain, des conférences, colloques et séminaires ainsi qu'un salon du livre et des expositions.
Le Panaf, pour finir, marquera le lancement d’un projet portant sur la création d'un musée et d'une institution pour la culture en Afrique.

Y. I.




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