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2005, une année culturelle commune mais prometteuse
Jeudi 29 décembre 2005
Par Hassan Gherab (La Tribune)

Faire défiler les 12 mois de l’année avec l’idée de faire ressortir les réalisations dans le secteur de la culture les ayant marqués n’est pas chose aisée. En clair, il est bien difficile de désigner par «bilan» ce qui serait plus juste d’appeler «inventaire» des manifestations artistiques et des événements culturels et ce, même s’il n’y a guère eu foisonnement, qui ont été organisés épisodiquement. Evidemment, l’argument du manque de moyens est plus que recevable. Mais s’il suffit pour expliquer la rareté, il ne peut cependant
justifier le déficit dans la qualité du produit présenté à la consommation.
Le problème de la culture n’est pas seulement le manque d’argent, mais aussi et surtout le manque d’idées et d’initiatives pouvant créer une dynamique qui, enclenchée, sera capable d’attirer des bailleurs de fonds.
Les responsables de la culture, comme les artistes, après s’être longtemps plaints de l’insuffisance, voire de l’inexistence des budgets, ont fini par comprendre qu’une bonne idée ou une initiative sont des arguments plus que convaincants aux yeux d’un financier.
Ainsi, après s’être contenté, dans les premiers temps, d’organiser conjoncturellement ce qu’ils pouvaient avec le peu que leur accordaient les budgets et subventions alloués, les responsables ont commencé à cogiter. Et de ces cogitations sont sorties quelques initiatives qui, si elles sont menées à terme, pourraient faire de 2005 l’année charnière à partir de laquelle la culture deviendrait un secteur réellement vivant, actif et productif. Un des exemples les plus disants est sans conteste l’intérêt accordé au patrimoine tant matériel qu’immatériel. En plus des différentes opérations et chantiers de restauration lancés çà et là, le ministère de la Culture a accordé toute l’importance à la formation, l’encadrement en vue de garantir une bonne gestion et exploitation des richesses patrimoniales. Il a ainsi impliqué les hommes de science algériens et mis à profit les accords de coopération, avec l’Italie principalement, pour, si nécessaire, les faire bénéficier du savoir-faire des partenaires étrangers à travers des cycles de formation ou l’encadrement sur site. Cette démarche permet à l’Algérie de se doter de spécialistes pour l’inventoriage, la restauration et la préservation de son patrimoine, en attendant de disposer des gros budgets nécessaires à sa totale prise en charge et exploitation. C’est dans ce cadre que s’inscrit la journée d’information sur l’élaboration des études de restauration et des plans permanents de sauvegarde, de protection et de mise en valeur des biens culturels immobiliers protégés et des sites archéologiques qui a été organisée cette semaine à Alger au profit des architectes spécialisés. A quelques nuances près, ces objectifs se retrouvent dans les résolutions du séminaire sur la conservation et le stockage du patrimoine documentaire et audiovisuel qui s’est tenu la semaine dernière à Alger.
Parmi les recommandations des séminaristes, la création d’une école supérieure du patrimoine documentaire et le renforcement de la coopération avec les pays étrangers et les organismes internationaux en vue de bénéficier de leur expérience en matière de conservation du patrimoine documentaire écrit et audiovisuel. C’est dans cette perspective que s’inscriraient également les différents colloques, nationaux et internationaux, organisés par le ministère de la Culture. Les colloques sur la littérature des voyageurs arabes, sur la pensée politique en Algérie de 1830 à 1962, sur la culture soufie ou sur la femme soufie sont autant de voies ouvertes à la réflexion et la recherche qui augurent un futur culturellement riche en activités et réalisations. Ces exemples illustrent ce soubassement que le ministère de la Culture est en train de construire pierre par pierre et sur lequel pourrait s’édifier une
politique culturelle réfléchie et conséquente. L’autre pierre à l’édifice sera la relance des festivals et l’élaboration d’une loi pour l’institutionnalisation de certains de ces rendez-vous culturels longtemps disparus. C’est ainsi que l’année 2005 a vu réapparaître ou naître des festivals un peu partout à travers le territoire national. Cinéma, musique, poésie, chants bédouins, culture Aïssaoua, danse ou théâtre auront leurs festivals. Le ministère ira même jusqu’à en institutionnaliser trois nationaux, un quatrième arabo-africain. Mieux, il a décidé de ressusciter le Festival national du théâtre professionnel qui a disparu huit longues années et de l’institutionnaliser lui aussi. Mais la renaissance de ce festival ne peut signifier relance du théâtre qui vit une situation pour le moins des plus déplorables.
Seules les productions de quelques coopératives indépendantes sauvent la face à ce théâtre dont les rares productions ne sont en fait que des reproductions d’œuvres qui l’avaient porté jadis au firmament du 4ème art. Son institutionnalisation comme celle des quatre autres ne sont pas synonymes de prise en charge réelle et totale de ces arts sur tous les plans : production, promotion, distribution, formation… Le cinéma est à ce titre l’exemple parfait de l’insuffisance d’une bonne idée ou initiative. Le ministère a bien pensé à créer un Centre national de la cinématographie et de l’audiovisuel (CNCA). Mais la structure s’est vite avérée d’une inutilité effarante et la production cinématographique est toujours au ras de pâquerettes. Quant à la formation, rien d’éclatant n’est sorti de la transformation, en 2004, de l’Institut national des arts dramatiques (INAD) en Institut supérieur des métiers des arts du spectacle et de l’audiovisuel (ISMAS) qui visait la restructuration et la spécialisation de l’enseignement et la formation dans ces domaines. Le seul rai de lumière dans ce clair-obscur cinématographique est apporté par quelques productions plus ou moins -beaucoup moins que plus– algériennes et des courts métrages algériens réalisés par de jeunes cinéastes qui, ayant compris qu’il ne fallait rien attendre des institutions, se sont pris en charge et ont concrétisé leurs projets grâce à des montages financiers qu’ils ont réussi à réaliser après avoir frappé à toutes les portes susceptibles de s’ouvrir sur une petite aide.
Les Beaux-Arts sont cette autre mauvaise image de la culture, ou plutôt de la gestion de la culture. La situation prévalant au sein de l’Ecole supérieure des beaux-arts d’Alger, qui ne sort d’une grève que pour en entamer une autre, sans que cela fasse bouger les responsables du ministère, est à ce titre la meilleure preuve de l’inconséquence des responsables dont une décision aurait suffi, si ce n’est apporter une solution à tous les problèmes posés, à dénouer pour le moins une situation conflictuelle vieille de plusieurs années.
Les décisions de ce genre et les initiatives qui, si elles sont prises et bien accompagnées, pourraient redonner à la culture algérienne le lustre et le rang qu’elle doit avoir, sont nombreuses, et ne coûteraient guère plus qu’une signature et, peut-être, un peu moins que l’organisation d’un colloque. Mais là n’est pas notre propos. Aussi nous abstiendrons-nous de nous étaler sur le sujet des perspectives et attentes qui seront abordées dans nos prochaines éditions.

H. G.




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