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Que fait donc le CNCA ?
Que fait donc le CNCA ?

Par : Abdou B. La Tribune. 02-09-2010

Dans les démocraties les plus avancées, qui se trouvent pour la plupart sur les continents américains (nord/sud), européen, auxquelles il faut bien entendu ajouter l’Inde, les pays nordiques, le Japon, l’Australie, l’Afrique du Sud, la culture et ses industries sont au cœur de la société. Cette dernière, dans les démocraties, fait de la culture un projet sociétal, des industries, une économie, une source de loisirs et de connaissances, une grande université de tolérance et d’intégration, au-delà des disparités socioéconomiques, des croyances, etc. Les marchés indien et américain se suffisent, intra-muros, en matière de musique, de films, de ballets, de programmes audiovisuels. Et ces deux marchés, ces industries exportent sur plusieurs supports dans le monde. Ils exportent de différentes manières vers l’Algérie qui n’arrive même pas, seulement sur le papier, sur le plan théorique, à mettre noir sur blanc des projets d’investissements, de législation, des scenarii privé/public et investisseurs étrangers, d’industries culturelles. Uniquement sur le plan théorique, à travers un vaste débat national durant lequel le gouvernement cesserait, un jour ou deux, de s’écouter pour tendre l’oreille aux autres, aux artistes, aux producteurs, aux entrepreneurs (privés/publics), aux élites et compétences, surtout si elles sont jeunes et libre de toutes les attaches qui attachent plus qu’elles libèrent, qui prônent l’allégeance et non l’innovation et la réflexion audacieuses.En Europe, sur la base des lois et règlements communautaires, pris en considération par les cahiers des charges des sociétés de programmes (privées/publiques), par les distributeurs de films et les exploitants de salles de cinéma et par les fluctuations du marché suivies et accompagnées par des enquêtes et sondages, alors que tous les circuits, les réseaux, les procédures et les comptes sont soumis à une informatisation de pointe, protégée des pannes et coupures que les usagers des postes et des banques vivent en Algérie. Au-delà de l’intégration pour et par des institutions politiques, économiques et financières, la libre circulation des personnes et des productions culturelles (certes soumises à la commercialité et à la rentabilité), facilite et structure rapidement et en profondeur le sentiment d’appartenance et la fierté qui va avec ce que vivent en Europe les populations. Or, ces dernières ne partagent pas forcément la même langue, la même Eglise et encore moins des monarchies formelles mais plus démocratiques que la totalité des «républiques» arabes
et africaines.Pour des raisons nombreuses, l’Algérie ne peut rien envisager par exemple dans les industries du film avec l’Afrique ou le monde arabe. Le sous-développement partagé en matière de salles, de laboratoires, de formations, de libertés d’expression et de création, l’étroitesse du marché (celui des salles), la faiblesse du pouvoir d’achat (prix du billet extrêmement bas) et l’incompétence des tutelles excluent durablement tout avenir cinématographique commun entre Arabes, entre Africains, entre Arabes et Africains. L’Algérie ne peut donc que compter sur elle-même et initier une cinématographie et un audiovisuel nationaux en incluant dans le jeu des entrepreneurs privés nationaux et/ou étrangers.Le modèle étatique qui a montré ses limites est représenté de manière fort emblématique par l’accord-cadre de coproduction et de coopération cinématographiques signé entre l’Algérie et la France, le 4 décembre 2007. Une lecture même rapide et superficielle laisse comprendre de suite que l’opération est un coup d’épée dans l’eau, caractérisée par l’incohérence, le paradoxe et le non-respect du parallélisme des formes. Pour la partie algérienne, «l’autorité algérienne» désigne le ministère de la Culture, alors que, pour la France, c’est le Centre national de la cinématographie. Que fait et que devient donc le C N C A dont les missions répétées dans plusieurs J.O. sont plus étendues que celles des studios américains, des producteurs européens, des distributeurs et exploitants indiens ? Les accords signés avec des pays où les branches de l’industrie du film (production-laboratoires-exploitation distribution-ateliers de costumes et accessoires, etc.) relèvent du secteur privé n’ont ni sens, ni pertinence et encore moins d’efficacité car, dans ces pays, les gouvernements ne peuvent décider à la place des opérateurs et encore moins imposer (par l’argent ou la censure) des choix artistiques, des sorties dans les salles…Et voilà qu’on apprend «la création d’une EPIC chargée des droits liés à l’exploitation des œuvres financées sur concours définitifs de l’Etat». Au vu de la faiblesse quantitative de la production, une future EPIC avec ses directions, ses sous-directions, son parc automobile, ses fonctionnaires viendrait seulement gonfler les dépenses publiques sans incidence aucune sur la production. Mais il y a l’ONDA qu’on oublie. Cette EPIC fera doublon avec le C N C A qui est chargé de «récupérer et gérer les droits des films […] produits ou coproduits par l’Etat» (1) Revoilà l’Etat producteur, exploitant, coproducteur ! Mais que fait donc le C N C A qui, sur le papier, a des prérogatives immenses, certaines surréalistes et d’autres qui relèvent du gag ? Mais peut-être qu’il a été dissous en douce dans la pratique.

A. B.

(1) Journal officiel du 9 octobre 2005
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