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Associations culturelles de la wilaya de Tizi Ouzou
Entre débrouillardise et allégeance

Par : Malik Boumati. La Tribune. 01-04-2010

Les systèmes A et D se côtoient sur la scène culturelle de la wilaya de Tizi Ouzou depuis au moins le milieu des années quatre-vingt-dix. Le système D pour «débrouillardise», appliqué par les associations culturelles qui ne reçoivent aucune aide de l’Etat, et le système A pour «allégeance», appliqué par celles qui se sentent obligées de faire les yeux doux à l’administration ou de courber l’échine, pour certaines d’entre elles, dans le but de bénéficier de subventions et de recevoir toutes sortes d’aides. D’ailleurs, ce sont des centaines d’animateurs associatifs qui ont décidé, depuis des années, de mettre leurs associations en veille pour ne pas devoir faire ce choix difficile. Cette situation est largement encouragée par l’idée répandue selon laquelle l’Etat ne finance que les activités qui vont dans le sens de la volonté politique des pouvoirs publics. Ou du moins celles qui ne dérangent pas l’ordre établi. Des activités amorphes qui n’intéressent personne et qui donnent l’impression qu’il y a des choses qui se font en occupant des espaces, parfois même inutilement. Une situation qui pousse beaucoup de responsables associatifs
à se sentir obligés de caresser les responsables du secteur dans le sens du poil même quand personne ne leur demande de le faire, y compris ces mêmes responsables. C’est ainsi par exemple que certaines associations se croient obligées d’inscrire la participation, la collaboration ou l’aide de la direction de la culture ou de la maison de la culture Mouloud Mammeri, même quand les responsables de ces deux institutions publiques ne leur demandent pas de le faire. Et cela même quand l’activité n’est organisée que par telle ou telle association sans aucune collaboration des deux institutions susmentionnées. Plus grave, des animateurs associatifs vont jusqu’à défendre avec zèle les responsables du secteur de la culture et même les responsables politiques du pays avec l’espoir de récolter des dividendes, principalement pécuniaires, laissant ainsi de côté leur personnalité et même leur dignité.Pourtant, personne n’exige ce genre de comportements de leur part. Surtout que, officiellement, les subventions octroyées aux associations dépassent rarement 12 millions de centimes. Et cela peut aller jusqu’à trois millions de centimes pour les associations qui ont la «chance» de bénéficier d’une subvention. En somme, des montants dérisoires qui ne permettent même pas de mettre en place une petite exposition. C’est ce qui est étrange devant le comportement de certains responsables associatifs. «Je ne défends personne mais je sens que je dois toujours citer la direction de la culture sur mes affiches, de peur de ne pas avoir l’aide nécessaire pour mes activités», dit le président d’une association, qui a requis l’anonymat, précisant de surcroît que personne ne lui demande de faire cela mais que c’est une action «pour assurer les arrières de mon association parce que des représailles ou des interdictions ne sont pas toujours une vue de l’esprit chez nous». Lors de l’entretien, notre interlocuteur rappelle souvent qu’il n’est pas comme ceux qui prennent parti avec zèle pour les pouvoirs publics, mais qu’il concède juste quelques petites choses pour assurer la survie de son association et ses activités. Il avoue également que plusieurs animateurs associatifs agissent comme lui, juste pour ne pas subir «la foudre des responsables».Il faut relever cependant que tous les animateurs culturels ne peuvent être mis dans le même sac. Certains se sachant impuissants devant une telle situation ont préféré mettre leurs associations en veille en attendant des jours meilleurs. D’autres ont choisi de se battre et de poursuivre leurs activités même si l’administration ne regarde jamais en leur direction au moment de la répartition des subventions. Le meilleur exemple à donner est celui de la Ligue des arts dramatiques et
cinématographiques de la wilaya de Tizi Ouzou qui fonctionne grâce des systèmes D originaux et qui arrive à réussir ses initiatives, particulièrement le festival des Raconte-Arts, pour lequel la ligue implique les citoyens des villages qui abritent la manifestation, pour faire dans
l’originalité mais aussi pour réduire les dépenses. Des systèmes qu’il faut toujours trouver en attendant que les opérateurs économiques se décident enfin à se lancer dans le sponsoring des activités culturelles, la meilleure voie pour les associations sérieuses, honnêtes et compétentes qui s’éternisent dans le système D et qui refusent de tomber dans le système

A. M. B.
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