300 millions de dinars viennent d’être alloués pour les travaux d’urgence
Posté par alger-culture le March 04 2008 16:53:57
La restauration de la Casbah d’Alger enclenchée

Par : Hassan Gherab. La Tribune. (04/03/2008)


Concernant les maisons privées de la Casbah, c’est à leurs propriétaires de les restaurer. Le propriétaire pourra bénéficier d’une aide et de conseils des experts pour la restauration, car il devra respecter le modèle adopté pour l’ensemble des bâtisses de la Casbah. Au cas où il refuserait de restaurer sa maison, l’Etat pourra exercer son droit de préemption et l’acheter

La Casbah d’Alger, patrimoine national et international, arrive enfin à voir le bout du tunnel où elle dépérissait chaque jour un peu plus sans qu’on puisse rien faire pour arrêter la catastrophe. En effet, la médina originelle vient de bénéficier de 300 millions de dinars que la direction de la culture de la wilaya d’Alger a affectés pour sa restauration. Cette enveloppe a pu être dégagée après l’adoption par l’Assemblée populaire de wilaya (APW) du projet d’inscription de la Casbah non plus comme site mais comme périmètre à sauvegarder et à
restaurer. Soulignons que le projet de sauvegarde et de restauration a été soumis, depuis plus d’une année, par la direction de la culture à l’APW qui, vu l’urgence de la situation, aurait dû se saisir du dossier séance tenante. Mais il semble bien que nos élus locaux avaient autre chose à faire que de s’occuper de la préservation de tout un site patrimonial au cœur, qui est le cœur de la capitale.
S’agissant de la concrétisation sur le terrain du projet de restauration, un plan permanent a été établi par la direction de la culture de la wilaya d’Alger. Elaboré en trois phases, ce plan, qui a été lancé depuis un mois, devra être parachevé au plus tard dans trois ans, selon la direction de la culture. La première phase du plan répond à l’urgence. Elle devra durer quatre mois, durant lesquels seront entrepris les travaux d’urgence pour le confortement des 350 «douira» (maisons) menaçant ruine, dont 120 sont classées «rouge», qui ont été déjà répertoriées. Avec la deuxième phase, le plan abordera le périmètre de la Casbah et les travaux s’étendront à la restauration de tout le quartier alentour avec la réfection des mosquées du Vieil Alger et la transformation de quelques maisons en bibliothèques. Cette phase est actuellement au stade de l’étude. Quant à la dernière, elle sera la touche finale du plan et signera son aboutissement. Après la restauration de la Casbah et de son écrin (le périmètre), il s’agira de redonner à la médina son lustre d’antan et sa place en tant que monument historique et archéologique, patrimoine de l’humanité pouvant être exploité tant culturellement qu’économiquement (le tourisme culturel). 15 bureaux d’études sont chargés de superviser l’application de ce plan de restauration et de sauvegarde. Les experts de ces bureaux devront présenter des rapports périodiques sur l’évolution et la qualité des travaux.
Toutefois, les responsables de la direction de la culture, qui rappellent que la restauration, comme tous les responsables le savent, est une opération très lourde et onéreuse, ne manqueront pas de déplorer l’absence d’un budget adéquat et conséquent qui prendrait en charge tout le projet de restauration du périmètre de la Casbah.
Par ailleurs, concernant la restauration des maisons de la Casbah qui, parce que propriétés privées, rendent impossible toute intervention directe de l’Etat, des séances de travail seront organisées avec les propriétaires pour les amener à restaurer leurs maisons, d’autant que les vieilles bâtisses en question menacent de s’effondrer. Le propriétaire pourra bénéficier d’une aide et de conseils des experts pour la restauration, car il devra respecter le modèle adopté pour l’ensemble des bâtisses de la Casbah. Une loi sera promulguée dans ce sens pour sanctionner tout contrevenant. Au cas où le propriétaire refuserait de restaurer sa maison, l’Etat pourra exercer son droit de préemption et l’acheter d’autorité.

H. G.